# Quel gain acoustique attendre de vos travaux d’isolation ?

Le confort sonore d’une habitation représente aujourd’hui l’un des critères prioritaires pour les Français : 63 % d’entre eux placent l’isolation acoustique comme premier critère de choix d’un logement. Cette exigence croissante s’explique par l’exposition constante aux nuisances sonores urbaines, au bruit des transports, mais aussi aux sons transmis entre étages ou logements mitoyens. Face à ces désagréments quotidiens, comprendre précisément quel gain acoustique attendre de vos travaux d’isolation devient une nécessité avant d’investir dans une rénovation. Les performances acoustiques s’expriment en décibels (dB), mais cette unité de mesure cache une réalité technique complexe, variable selon les matériaux, les systèmes constructifs et les fréquences sonores concernées. Entre promesses commerciales et performances réelles mesurées en laboratoire ou in situ, l’écart peut être significatif.

Comprendre l’indice d’affaiblissement acoustique rw et les décibels gagnés

L’évaluation des performances acoustiques d’une paroi, d’un vitrage ou d’un système constructif repose sur des indicateurs normalisés précis. L’indice d’affaiblissement acoustique Rw constitue la référence internationale pour mesurer la capacité d’un élément de construction à réduire la transmission des bruits aériens. Cet indice unique, exprimé en décibels, permet de comparer objectivement différentes solutions techniques, mais sa compréhension nécessite quelques clés de lecture essentielles pour éviter les malentendus fréquents lors des projets de rénovation acoustique.

Définition du coefficient rw (C, ctr) selon la norme ISO 717-1

La norme ISO 717-1 définit l’indice Rw comme la valeur unique d’affaiblissement acoustique pondéré d’un élément de construction, mesuré en laboratoire selon un spectre normalisé. Cette mesure s’effectue sur 16 bandes de fréquences allant de 100 Hz à 3150 Hz, reproduisant les bruits les plus courants de notre environnement. Le résultat global Rw est ensuite complété par deux termes d’adaptation : C et Ctr, qui ajustent la performance selon le type de bruit rencontré. Le terme C s’applique aux bruits domestiques courants (conversations, musique, télévision), tandis que Ctr corrige pour les bruits de circulation routière et ferroviaire, riches en basses fréquences. Ainsi, un vitrage affiché à Rw 37 dB (C -1 ; Ctr -3) présentera une performance réelle de 36 dB face aux conversations, mais seulement 34 dB contre le trafic routier.

Calcul de la réduction sonore en db : de 3 db à 50 db selon les matériaux

Le gain acoustique entre deux solutions constructives se calcule par simple soustraction des indices Rw. Pourtant, cette arithmétique simple masque une réalité perceptive importante : notre oreille perçoit les variations sonores de manière logarithmique. Concrètement, une réduction de 3 dB correspond au seuil minimal de perception pour l’oreille humaine, tandis qu’une diminution de 10 dB divise par deux la sensation sonore perçue. Un gain de 20 dB réduit la sensation de bruit par quatre, ce qui explique pourquoi le passage d’un simple vitrage standard (Rw 28 dB) à un double vitrage asymétrique (Rw 37 dB) apporte un confort acoustique réellement perceptible. Les solutions les plus performantes, comme les systèmes de double paroi

Les solutions les plus performantes, comme les systèmes de double paroi

désolidarisée ou certains vitrages feuilletés acoustiques, atteignent des indices Rw supérieurs à 50 dB en laboratoire. Dans la pratique, le gain réellement perçu dépendra toutefois de l’ensemble de la chaîne de transmission : la paroi elle-même, mais aussi les liaisons avec les murs adjacents, les points de fuite (prises, coffres, joints) et la réverbération dans la pièce. C’est pourquoi on observe parfois un écart entre la performance annoncée (Rw laboratoire) et la réduction de bruit ressentie in situ, qui se situe souvent 3 à 5 dB en dessous si les détails de mise en œuvre ne sont pas optimisés.

Différence entre isolation aérienne et isolation aux bruits d’impact lnw

Lorsque l’on parle de gain acoustique, il est essentiel de distinguer deux notions : l’isolation aux bruits aériens (voix, télévision, trafic routier) et l’isolation aux bruits d’impact (pas, chutes d’objets, déplacements de chaises). L’indice Rw caractérise uniquement l’affaiblissement acoustique face aux bruits aériens. Pour les bruits de chocs, on utilise un autre indicateur : le niveau de bruit de choc normalisé, noté L’nT,w (ou parfois Lw en laboratoire). Plus cette valeur est faible, meilleure est l’isolation aux bruits d’impact.

Concrètement, un plancher ancien sans traitement peut présenter un niveau de bruit de choc de 78 dB, alors qu’une dalle béton avec chape flottante et sous-couche résiliente performante descend facilement sous les 55 dB. Le gain ne s’exprime donc pas en “dB gagnés” mais en “dB perdus” : une réduction de 20 dB du niveau de choc ressenti correspond à une division par quatre de la perception des pas. Lorsque vous comparez des solutions d’isolation de plancher ou de plafond, veillez donc à bien regarder les valeurs L’nT,w annoncées, et pas seulement le Rw.

Courbe rose et spectre fréquentiel : interpréter les performances acoustiques

Un même indice global Rw peut masquer des comportements très différents selon les fréquences. C’est là qu’intervient la notion de courbe de référence normalisée, parfois appelée “courbe rose”, sur laquelle on vient superposer le spectre d’affaiblissement mesuré de la paroi. Deux matériaux affichant Rw 40 dB peuvent, par exemple, être excellents dans les aigus mais moins efficaces dans les graves, ou l’inverse. Or, les bruits de circulation et de basse fréquence (camions, métro, basses d’une enceinte) sont précisément les plus difficiles à atténuer.

Pour interpréter correctement une fiche technique, il est donc intéressant de regarder, au-delà du simple Rw, la forme de la courbe d’affaiblissement en fonction des bandes de fréquences. Vous habitez près d’une voie ferrée ou d’un axe routier chargé en poids lourds ? Privilégiez les systèmes qui conservent un bon affaiblissement en dessous de 250 Hz, même si leur Rw n’est pas le plus élevé du marché. À l’inverse, pour des bruits de voix, de télévision ou de voisinage classique, une bonne performance dans les médiums (500 à 2000 Hz) suffira souvent à transformer votre confort au quotidien.

Performance acoustique des isolants thermiques : laine de verre, laine de roche et ouate de cellulose

Les matériaux d’isolation thermique les plus répandus – laine de verre, laine de roche, ouate de cellulose – jouent également un rôle majeur dans l’isolation phonique. Ils ne se contentent pas de limiter les déperditions de chaleur : en remplissant les cavités des murs, cloisons ou toitures, ils absorbent une partie de l’énergie sonore et améliorent significativement l’affaiblissement global du système masse-ressort-masse. Le gain acoustique réel dépend toutefois de l’épaisseur, de la densité et de la mise en œuvre.

Gain acoustique de la laine de verre isover IBR 40 et GR32 en épaisseur 100 à 240 mm

La laine de verre est l’un des meilleurs compromis pour l’isolation thermique et acoustique des combles et des murs. Les produits Isover IBR 40 (rouleaux pour combles) et GR32 (panneaux pour ossatures métalliques) présentent des densités et des structures de fibres adaptées à l’absorption des bruits aériens. Placés derrière un parement en plaque de plâtre, ils permettent de gagner jusqu’à 5 à 10 dB d’affaiblissement supplémentaire par rapport à un mur nu, à condition de respecter les épaisseurs recommandées.

À titre indicatif, un doublage sur ossature métallique avec 100 mm de GR32 et une plaque de plâtre BA13 peut atteindre un Rw autour de 45 dB sur un mur en maçonnerie, contre 38 à 40 dB pour ce même mur simplement enduit. En passant à 160 ou 200 mm d’IBR 40 en toiture inclinée, on améliore à la fois l’isolement aux bruits extérieurs (pluie, trafic) et le confort thermique, avec un effet particulièrement sensible sur les bruits de pluie en combles aménagés. Plus l’épaisseur augmente, plus la capacité d’absorption dans les basses et moyennes fréquences progresse, même si le gain supplémentaire au-delà de 200 mm devient moins spectaculaire.

Coefficient d’absorption αw de la laine de roche rockwool rockmur en cloisons

La laine de roche, avec sa structure fibreuse plus dense, offre des performances acoustiques très intéressantes, notamment pour le remplissage de cloisons et de contre-cloisons séparatives. Le produit Rockwool Rockmur, par exemple, présente un coefficient d’absorption acoustique global αw pouvant atteindre 1,00 selon les épaisseurs et les configurations, ce qui signifie qu’il absorbe quasiment 100 % de l’énergie sonore incidente sur certaines bandes de fréquences.

Insérée entre deux parements en plaques de plâtre sur ossature métallique, la laine de roche forme un “ressort” particulièrement efficace dans le système masse-ressort-masse. Une cloison de distribution de type 2 x BA13 sur ossature avec 70 mm de Rockmur peut atteindre des affaiblissements de l’ordre de 45 à 50 dB, contre 30 à 33 dB pour une simple cloison sèche non isolée. Pour un mur mitoyen entre logements, le passage à des épaisseurs de 100 mm ou plus et à des plaques phoniques renforcées permet de viser des performances supérieures à 55 dB Rw, compatibles avec les exigences des logements très silencieux.

Ouate de cellulose univercell : densité 55 kg/m³ et atténuation phonique mesurée

La ouate de cellulose, telle que la gamme Univercell, est appréciée pour ses atouts environnementaux, mais aussi pour son comportement acoustique. Insufflée à une densité autour de 55 kg/m³ dans des caissons fermés (murs à ossature bois, planchers entre étages, rampants de toiture), elle présente une excellente capacité d’absorption, notamment dans les basses et moyennes fréquences. C’est un matériau particulièrement intéressant pour atténuer les bruits extérieurs continus (trafic routier, vent) et les bruits intérieurs de résonance.

Dans un plancher entre deux niveaux d’habitation, un remplissage complet à la ouate de cellulose, complété d’un revêtement de sol désolidarisé, permet de réduire le niveau de bruit de choc de 8 à 12 dB par rapport à un plancher creux vide. Dans les murs, les essais en laboratoire montrent des gains d’isolement comparables, voire légèrement supérieurs, à ceux obtenus avec des laines minérales de même densité, dès lors que la mise en œuvre est réalisée sans tassement ni vides. Si vous recherchez une isolation phonique performante et biosourcée, la ouate de cellulose constitue donc une option à considérer sérieusement.

Gain acoustique des fenêtres : passage du simple au double vitrage phonique

Les fenêtres représentent souvent le maillon faible de l’isolation acoustique, en particulier dans les logements anciens encore équipés de simple vitrage. Passer à un double vitrage phonique bien posé peut transformer radicalement votre confort, surtout si vous vivez à proximité d’une voie passante. Le gain acoustique ne dépend pas seulement du nombre de vitres, mais aussi de leur épaisseur, de l’asymétrie des vitrages, de la présence de films feuilletés et de la qualité de la menuiserie et des joints périphériques.

Vitrage asymétrique 10/10/4 versus vitrage feuilleté acoustique 44.2 silence

Un double vitrage “classique” de type 4/16/4 offre un indice Rw de l’ordre de 30 à 32 dB. Pour améliorer significativement l’isolation acoustique, on va jouer sur l’asymétrie des vitrages (par exemple 10/10/4) et sur l’utilisation de verres feuilletés acoustiques, comme le 44.2 Silence. Le vitrage asymétrique 10/10/4, grâce à la différence d’épaisseur des vitres, casse plus efficacement les résonances et relève l’affaiblissement dans les fréquences critiques, atteignant souvent 36 à 38 dB Rw.

Le vitrage feuilleté acoustique 44.2 Silence, qui intègre un film acoustique entre deux feuilles de verre, va plus loin en améliorant surtout l’affaiblissement dans les médiums et les basses fréquences. Selon les configurations (44.2 Silence / 16 / 10 par exemple), on peut viser des performances de l’ordre de 40 à 42 dB Rw, soit un gain perçu proche d’une division par deux du niveau de bruit par rapport à un simple vitrage Rw 28 dB. Pour un logement donnant sur un boulevard ou une voie ferrée, ce type de vitrage phonique est souvent la solution la plus rentable avant de se lancer dans des travaux de façade plus lourds.

Performance du triple vitrage phonique : gain réel de 38 à 42 db rw

Le triple vitrage n’est pas automatiquement synonyme de meilleure isolation acoustique. En version standard, il vise d’abord la performance thermique et peut afficher des indices Rw similaires à ceux d’un bon double vitrage (35 à 38 dB). Pour obtenir un véritable triple vitrage phonique, il faut combiner plusieurs leviers : asymétrie des épaisseurs de verre, au moins une feuille feuilletée acoustique, et intercalaires adaptés.

Les meilleures configurations de triple vitrage phonique atteignent des Rw de 38 à 42 dB, avec des termes d’adaptation Ctr souvent favorables aux bruits de trafic. Faut-il pour autant les privilégier systématiquement ? Pas nécessairement. Le surcoût et le poids plus élevé imposent parfois de renforcer les menuiseries et la structure. Sur de nombreux projets, un double vitrage acoustique bien choisi et parfaitement posé offrira un rapport performance/prix plus intéressant, avec un gain acoustique déjà très sensible au quotidien.

Joint d’étanchéité périphérique et rupteurs de ponts phoniques des menuiseries

La performance acoustique d’une fenêtre ne dépend pas seulement du vitrage, mais aussi du châssis et surtout de l’étanchéité à l’air du pourtour. Une menuiserie haut de gamme mal calfeutrée laissera passer davantage de bruit qu’un vitrage plus modeste correctement posé. Les joints compressibles périphériques, les calfeutrements au mastic acoustique et les bandes imprégnées (compribandes) jouent un rôle clé pour supprimer les fuites directes.

Les rupteurs de ponts phoniques intégrés à certains dormants, les seuils spécifiques et les tapées d’isolation bien dimensionnées permettent également de limiter la transmission vibratoire entre le châssis et la maçonnerie. En rénovation, il est primordial de traiter en même temps les coffres de volets roulants, souvent responsables de pertes de 5 à 10 dB sur l’ensemble de la baie. Une fenêtre de qualité entourée d’un coffre non isolé ne donnera jamais le gain acoustique attendu, même si sa fiche technique est excellente.

Solutions techniques pour les murs mitoyens : systèmes à ossature métallique et plaques phoniques

Les murs mitoyens entre logements ou entre une pièce de vie et un espace bruyant (local technique, cage d’escalier) constituent un enjeu majeur d’isolation phonique. Lorsque la maçonnerie existante n’offre pas un isolement suffisant, la solution la plus efficace consiste souvent à créer une contre-cloison désolidarisée sur ossature métallique, remplie d’isolant souple et revêtue de plaques de plâtre phoniques. Ce type de système permet d’obtenir des gains mesurés de 10 à 20 dB selon la configuration initiale.

Contre-cloison optima sonic de placo avec laine minérale : gain de 18 à 20 db

Le système Optima Sonic de Placo illustre bien le principe d’une contre-cloison à haute performance acoustique. Basé sur des appuis et fourrures désolidarisés du mur support, il crée une lame d’air amortie par une laine minérale, sur laquelle vient se fixer un parement en plaque de plâtre phonique. Les essais en laboratoire montrent des gains d’isolement pouvant atteindre 18 à 20 dB sur un mur en béton creux ou en briques creuses insuffisamment isolant.

En pratique, un mur mitoyen initialement à 45 dB Rw peut ainsi être porté au-delà de 60 dB, ce qui correspond à un niveau de confort très élevé entre logements. La clé de la réussite réside dans la continuité de la désolidarisation : bandes résilientes en pied et en tête de cloison, traitement des jonctions latérales, suppression des contacts rigides accidentels. Une seule fixation traversante mal placée peut réduire fortement le bénéfice acoustique obtenu par ailleurs.

Plaques placo phonique BA13 renforcées versus plaques standard BA13

Les plaques de plâtre phoniques de type Placo Phonique BA13 se distinguent des plaques standard par une masse surfacique plus élevée et une formulation du cœur de plaque optimisée pour atténuer les vibrations. Utilisées seules sur une ossature classique, elles apportent déjà un léger gain (de l’ordre de 2 à 3 dB) par rapport à une plaque BA13 standard. Combinées à une laine minérale et à une ossature désolidarisée, elles permettent de tirer pleinement parti du principe masse-ressort-masse.

Dans une cloison de séparation entre deux pièces sensibles (chambre / salon par exemple), le passage de 1 x BA13 standard à 2 x Placo Phonique de chaque côté avec laine minérale au centre peut faire gagner plus de 10 dB d’isolement. Cela correspond, pour vous, à une sensation de volume sonore divisée par plus de trois. Si vous recherchez un confort acoustique supérieur (home cinéma, studio de musique, bureau de télétravail), cette surépaisseur et ce surcoût modéré se révèlent vite rentables.

Désolidarisation des parois par bandes résilientes sylomer et profils métalliques

La désolidarisation mécanique des parois est l’un des leviers les plus puissants pour améliorer l’isolation phonique, en particulier pour les bruits de structure. Les bandes résilientes en Sylomer ou en mousse polyuréthane dense, placées sous les rails et montants métalliques, sous les appuis et en périphérie des systèmes, agissent comme des “amortisseurs” qui filtrent une partie des vibrations. Cette technique est essentielle pour éviter la création de ponts phoniques continus entre la cloison et la structure du bâtiment.

Les profils métalliques eux-mêmes peuvent être choisis dans des gammes spécifiques “acoustiques”, avec une géométrie ou des encoches réduisant la propagation vibratoire le long de l’ossature. En combinant ossature désolidarisée, bandes résilientes et isolant souple au cœur de la paroi, on obtient des systèmes capables de gagner 10 à 15 dB par rapport à une simple cloison maçonnée enduite. Autrement dit, le même mur, traité intelligemment, paraît trois à quatre fois moins bruyant au quotidien.

Masse-ressort-masse : principe de la double paroi désolidarisée

Derrière la plupart des solutions performantes pour les murs mitoyens se cache le même principe physique : le système masse-ressort-masse. On l’illustre souvent par une analogie simple : imaginez deux plaques lourdes (les “masses”) reliées par un matelas souple (le “ressort”). Lorsqu’une onde sonore frappe la première plaque, une partie de l’énergie est réfléchie, une autre est transmise au matelas qui la dissipe, et seule une fraction réduite atteint la deuxième plaque.

Dans une paroi réelle, les “masses” sont les plaques de plâtre ou les murs maçonnés, et le “ressort” est constitué par l’isolant fibreux (laine de verre, laine de roche, ouate de cellulose) et la lame d’air. Plus les masses sont importantes et plus le ressort est efficace (épais, souple, bien réparti), meilleur est l’affaiblissement acoustique, en particulier dans les basses fréquences. C’est pourquoi une contre-cloison autoportante, totalement séparée du mur existant, surpasse presque toujours un simple doublage collé quand l’objectif est de réduire significativement les bruits de voisinage.

Isolation des planchers et plafonds : réduction des bruits d’impact et aériens

Les bruits verticaux – pas du voisin du dessus, chaises traînées, conversation au plafond – sont parmi les plus gênants et les plus difficiles à traiter en rénovation. L’isolation acoustique des planchers et des plafonds doit s’attaquer à la fois aux bruits d’impact et aux bruits aériens, en jouant sur la masse, la désolidarisation et l’absorption. Selon que vous intervenez par le dessus (chape flottante, sous-couche résiliente) ou par le dessous (faux plafond suspendu), les indices visés ne seront pas les mêmes.

Sous-couche acoustique soniroll et chape flottante : gain lnw de 15 à 22 db

Pour traiter efficacement les bruits de pas dans un logement existant, la solution de référence reste la chape flottante sur sous-couche acoustique. Des produits comme Soniroll (rouleaux de laine minérale résiliente) se posent sous une chape ciment ou anhydrite, en désolidarisant complètement la dalle structurelle de la couche de roulement. Cette “rupture” mécanique empêche la plupart des chocs de se propager dans la structure du bâtiment.

Les essais de laboratoire montrent des réductions de niveau de bruit de choc (ΔLw) de 15 à 22 dB selon l’épaisseur de la sous-couche et le type de chape. Dans la pratique, cela signifie que des bruits de pas très présents peuvent devenir à peine audibles chez le voisin du dessous. Attention toutefois : ce type de solution nécessite une certaine hauteur disponible, un recalage des seuils de portes et une mise en œuvre soigneuse des bandes périphériques pour éviter les ponts rigides. Une seule liaison entre chape et mur peut diminuer de moitié le gain espéré.

Faux plafond suspendu sur suspentes antivibratiles vibraflex

Lorsque l’on ne peut pas intervenir sur le plancher du dessus (copropriété, voisin non partant), la création d’un faux plafond suspendu est souvent la seule option. En utilisant des suspentes antivibratiles de type Vibraflex, on désolidarise partiellement la nouvelle peau de plafond de la structure existante. On vient ensuite remplir le plénum (l’espace entre les deux plafonds) avec une laine minérale ou une ouate de cellulose pour compléter le système masse-ressort-masse.

Sur le plan des performances, un plafond simple en plaques de plâtre + isolant permet de gagner typiquement 6 à 10 dB sur les bruits aériens et quelques décibels sur les bruits d’impact. Avec des suspentes antivibratiles et un double parement lourd, on peut viser des améliorations de 10 à 15 dB sur certains types de bruits, au prix d’une perte de hauteur sous plafond de 8 à 15 cm. Là encore, la qualité de la désolidarisation en périphérie et le traitement des traversées (spots encastrés, conduits) conditionnent le résultat final.

Dalle béton : impact de l’épaisseur et de la densité sur l’affaiblissement acoustique

La structure même du plancher joue un rôle fondamental dans l’isolation acoustique d’un bâtiment. Une dalle béton épaisse et dense offre naturellement une meilleure isolation aux bruits aériens qu’un plancher bois léger. Chaque doublement de masse surfacique d’une paroi pleine entraîne, en théorie, un gain d’environ 6 dB dans les médiums (loi de masse). Ainsi, passer d’une dalle de 12 cm à 20 cm peut améliorer sensiblement l’affaiblissement acoustique, toutes choses égales par ailleurs.

Cependant, cette amélioration reste limitée si l’on ne traite pas les transmissions latérales (murs, refends, gaines) et les bruits d’impact. Une dalle très massive transmettra moins les voix, mais continuera à propager efficacement les chocs. C’est pourquoi, même sur des dalles béton épaisses, l’ajout d’une chape flottante ou d’un plafond suspendu reste pertinent pour gérer les bruits d’impact et affiner le confort acoustique global entre étages.

Traitement des ponts phoniques et points faibles : gaines techniques, coffres de volets et prises électriques

Une isolation phonique performante ne se joue pas uniquement sur les grandes surfaces. Les “petits” points faibles – gaines techniques, coffres de volets, prises électriques, fentes, joints – peuvent ruiner une partie du gain théorique annoncé par les matériaux. Parce que le son se propage là où l’air et les vibrations trouvent un chemin, le traitement de ces ponts phoniques est indispensable pour obtenir le gain acoustique réel que vous attendez de vos travaux.

Calfeutrement acoustique des boîtiers électriques avec membrane d’étanchéité à l’air

Les boîtiers électriques encastrés dans des cloisons ou des doublages peuvent constituer de véritables “trous” acoustiques, en particulier lorsque deux prises se font face de part et d’autre d’un mur mitoyen. Pour limiter cette fuite, on utilise des boîtiers étanches à l’air, des capots acoustiques spécifiques ou des membranes d’étanchéité à l’air collées sur l’arrière du boîtier, couplées à un mastic acrylique ou silicone acoustique.

Ce calfeutrement permet de regagner plusieurs décibels d’isolement sur une paroi légère, surtout dans les fréquences médiums. Dans le cadre d’une rénovation, il est judicieux de regrouper les boîtiers sur les parois non critiques (cloisons intérieures) et de limiter au maximum les percements dans les murs mitoyens ou de façade traités acoustiquement. Vous évitez ainsi de créer des “court-circuits” sonores entre l’intérieur et l’extérieur.

Isolation des coffres de volets roulants : mousse acoustique polyuréthane haute densité

Les coffres de volets roulants, notamment en rénovation, sont l’un des points faibles les plus fréquents des façades. Le bruit y passe à la fois par l’air (fuite d’étanchéité) et par la paroi, souvent très légère. L’ajout d’une mousse acoustique polyuréthane haute densité à l’intérieur du coffre, associé à un renforcement de l’étanchéité (joints, trappes) permet d’améliorer significativement la situation sans tout casser.

Dans certains cas, la création d’un habillage intérieur complémentaire, sous forme de caisson isolé en plaque de plâtre phonique + laine minérale, permet de gagner 5 à 8 dB sur le bruit perçu au niveau de la baie, ce qui est loin d’être négligeable lorsque vous avez déjà investi dans un vitrage performant. Avant de changer toutes vos fenêtres, n’est-il pas pertinent de vérifier si vos coffres ne sont pas en train de laisser échapper une bonne partie du gain acoustique potentiel ?

Traitement des gaines VMC et conduits traversants par manchons acoustiques

Les gaines de ventilation, de VMC ou les conduits techniques traversant les parois peuvent agir comme des “tuyaux sonores” reliant directement deux pièces ou deux logements. Pour limiter cette transmission, on installe des manchons acoustiques autour des conduits dans les zones de passage, constitués de matériaux absorbants et parfois d’une enveloppe lourde. Ces manchons réduisent à la fois le bruit qui circule dans la gaine et les vibrations transmises à la structure.

Il est également possible de recourir à des silencieux intégrés sur les réseaux de VMC, qui atténuent les bruits de soufflage ou d’extraction, ainsi qu’aux clapets et bouches acoustiques. Combinés à une bonne étanchéité des traversées (mastic, manchettes souples), ces dispositifs permettent de gagner plusieurs décibels sur le niveau de bruit de fond d’un logement, et d’éviter que les conversations du voisin ne vous parviennent par le réseau de ventilation. En traitant méthodiquement ces points singuliers, vous vous donnez les moyens d’atteindre, en situation réelle, les gains acoustiques annoncés sur le papier.